Fixer son TJM (tarif journalier moyen) est souvent un moment de flottement pour les freelances, surtout au démarrage. Trop bas, il ne couvre même pas vos charges et vous travaillez à perte sans le savoir. Trop haut, il peut faire fuir des clients potentiels. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une méthode simple pour arriver à un chiffre réaliste, basé sur vos besoins réels et non sur une intuition ou une moyenne trouvée sur un forum.
Pourquoi le TJM ne doit jamais être choisi au hasard
Beaucoup de freelances débutants fixent leur tarif en copiant celui d’un confrère ou en se basant sur ce qu’ils pensent que le marché est prêt à payer. Le problème, c’est que ce raisonnement ignore totalement vos propres coûts : cotisations sociales, impôts, jours non travaillés, matériel, formation… Un TJM qui ne prend pas en compte ces éléments peut sembler correct sur le papier, mais se révéler insuffisant une fois toutes les charges déduites.
La bonne approche consiste à partir de vos besoins réels (ce que vous voulez gagner net) et à remonter jusqu’au tarif brut nécessaire pour y arriver, en tenant compte de tous les frottements entre le chiffre d’affaires facturé et l’argent qui atterrit vraiment sur votre compte.
Partir de vos charges et cotisations pour ne pas travailler à perte
En tant qu’auto-entrepreneur, une partie de votre chiffre d’affaires part directement en cotisations sociales. Selon votre activité, le taux varie sensiblement : environ 12,3 % pour la vente de marchandises, 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % pour les professions libérales relevant du régime général, ou encore 23,2 % pour celles rattachées à la Cipav.
À cela s’ajoutent, selon votre situation, l’impôt sur le revenu (si vous avez opté pour le versement libératoire) et d’éventuelles cotisations complémentaires. Pour bien visualiser ce qui reste réellement dans votre poche une fois ces prélèvements effectués, il est utile de consulter notre article sur les charges et cotisations 2026, qui détaille précisément ce que chaque euro facturé devient une fois passé par la case URSSAF.
Concrètement, si vous voulez calculer votre TJM, ne partez jamais du chiffre d’affaires visé sans avoir retiré mentalement ce pourcentage de cotisations. C’est la base de tout calcul réaliste.
Compter les jours réellement facturables, pas 365 jours
C’est probablement l’erreur la plus fréquente : diviser un revenu annuel souhaité par le nombre de jours ouvrés dans l’année, comme si chaque jour travaillé était facturé à un client. En réalité, un freelance passe une partie non négligeable de son temps sur des tâches non facturables : prospection, devis, comptabilité, formation, veille, gestion administrative.
Il faut également soustraire les congés, les jours de maladie éventuels, les périodes creuses entre deux missions, et les jours fériés. Au final, le nombre de jours réellement facturables dans une année tourne souvent autour de la moitié des jours ouvrés, parfois moins la première année d’activité. Sous-estimer ce facteur est l’une des principales raisons pour lesquelles un TJM « qui semblait correct » ne suffit pas à couvrir les besoins du freelance sur l’année.
Intégrer les coûts invisibles
Au-delà des cotisations, plusieurs postes de dépenses doivent être intégrés dans le calcul, même s’ils ne sont pas toujours visibles au quotidien :
- Le matériel informatique et les logiciels utilisés pour travailler
- Les formations pour maintenir ou développer vos compétences
- L’assurance professionnelle si elle est nécessaire dans votre activité
- Les frais bancaires liés à votre compte professionnel
- La marge de sécurité pour les imprévus (matériel en panne, mission annulée, retard de paiement)
Ces coûts, additionnés, peuvent représenter une part significative du chiffre d’affaires. Les ignorer revient à accepter, sans le vouloir, une baisse de revenu net par rapport à vos objectifs de départ.
Se positionner par rapport au marché, sans casser les prix
Une fois votre TJM plancher calculé (celui en dessous duquel vous ne devez pas descendre), il reste à le confronter à la réalité du marché de votre secteur. Renseignez-vous sur les tarifs pratiqués par des freelances ayant un niveau d’expérience comparable au vôtre, dans votre domaine et votre zone géographique.
Si votre TJM plancher est nettement supérieur aux prix du marché, cela peut signifier plusieurs choses : votre positionnement doit évoluer vers une clientèle plus haut de gamme, votre offre doit être différenciée, ou votre volume d’activité doit être revu. À l’inverse, si votre TJM plancher est confortablement en dessous des tarifs observés, vous avez une marge pour investir davantage dans votre développement professionnel ou simplement sécuriser votre trésorerie.
Réajuster son TJM grâce au suivi régulier de son activité
Le TJM n’est pas un chiffre figé une fois pour toutes. Il doit évoluer avec votre expérience, la demande pour vos compétences, et surtout avec la réalité de votre activité. C’est pour cela qu’il est essentiel de suivre son chiffre d’affaires tout au long de l’année : cela permet de vérifier si votre TJM actuel vous permet réellement d’atteindre vos objectifs, ou s’il doit être ajusté à la hausse.
En pratique, beaucoup de freelances revoient leur TJM une à deux fois par an, en particulier après une montée en compétence, un changement de spécialisation, ou lorsque la demande pour leurs services augmente. Garder un œil régulier sur vos chiffres évite d’attendre la fin d’année pour réaliser que votre tarif était trop bas depuis plusieurs mois.
Pour éviter de refaire ce calcul à la main à chaque fois, un outil dédié permet de visualiser instantanément l’impact des cotisations, du nombre de jours facturables et des charges sur votre TJM final, et de tester plusieurs scénarios selon vos objectifs de revenu.
Article informatif à jour en septembre 2026. Les seuils, taux et règles peuvent évoluer ; vérifiez toujours sur service-public.fr, urssaf.fr ou impots.gouv.fr.
Calculez le tarif à facturer pour atteindre le revenu net que vous visez, cotisations incluses.
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